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Semaine de l’Histoire de l’Indianocéanie 25 au 27 novembre 2019

Semaine de l’Histoire de l’Indianocéanie 25 au 27 novembre 2019
170ème anniversaire de la fondation de la congrégation des filles de Marie
à la Rivière des Pluies
Colloque
Les congrégations religieuses dans les pays de l’Indianocéanie
(XVIème – XXIème siècle)

La question des missions chrétiennes et de la colonisation qui caractérisent à partir de la fin du XVème siècle le grand mouvement d’expansion qui pousse les Européens à l’exploration des nouvelles terres a déjà suscité bon nombre de réflexions. L’association de ces deux termes a conduit les théologiens espagnols à s’interroger sur la légitimité de la colonisation quand elle est réalisée au nom de l’évangélisation. Mais, bien vite, s’est imposée l’idée d’une colonisation chrétienne afin de sauvegarder l’indépendance de la mission. La seconde révolution industrielle et le renforcement de la mondialisation de l’économie ne changent pas véritablement la volonté de collaboration lorsque s’accomplit la seconde expansion coloniale, même si elle déclenche de vives critiques et suscite des rivalités entre missionnaires et colonisateurs. La convergence des intérêts débouche sur une collaboration instrumentalisée par la propagande coloniale. Pourtant, si la mission s’est associée à la colonisation elle ne s’est pas liée à son sort.
Le 170ème anniversaire de la naissance de la congrégation des Filles de Marie juste après l’émancipation des esclaves à La Réunion est l’occasion de renouveler le discours sur la place du christianisme et sa manière d’être dans la zone indianocéanique, en incluant l’Inde.
Il s’agit d’abord d’aborder le contexte qui permet à de nouvelles congrégations missionnaires de naître dans cet espace, de déterminer leur originalité, leurs liens avec les pouvoirs (politique et économique) et leur impact sur le débat concernant les liens avec la colonisation.
Il s’agit ensuite de relire les politiques élaborées par les congrégations qui s’y installent (Inde, Maurice, Madagascar, Seychelles...) afin de voir si le discours sur le prosélytisme agressif résiste à la critique. Leur position au moment de la décolonisation impose de suivre la même démarche. Le christianisme n’est-il pas à Madagascar le ferment du nationalisme auquel il donne ses leaders ? N’est-il pas à La Réunion l’espoir des affranchis de 1848 et à Maurice l’espoir des Créoles au début du XXIème siècle ?
Enfin, comme la religion a été présentée comme l’opium du peuple, il s’agit d’étudier les œuvres des congrégations et leurs résultats afin de saisir leur influence dans la libération des corps et des esprits.

Le programme